Édito du 08 janvier 2021

  ÉDITO  La fragilité de nos démocraties

Adieu 2020 et vive 2021. Je souhaite donc à toutes et tous et à chacune et chacun la meilleure année possible.

Cette nouvelle année a mal commencé : une émeute insurrectionnelle avec le saccage du parlement aux États-Unis, sur fond de pandémie.

Il faut tirer les leçons des événements américains. Tout d’abord souvenons-nous que la culture démocratique est fragile. Elle suppose le respect du vote c’est-à-dire à la fois l’acceptation par la minorité de sa défaite et le respect par la majorité de cette minorité. Elle nécessite des années et parfois des siècles d’apprentissage. Elle a pu être abîmée en peu de temps par les fanfaronnades sur Twitter d’un président hystérique et psychopathe. Mais rappelons-nous que ses tweets sont suivis par 88 millions de personnes. C’est donc chaque jour que la démocratie est à construire et la culture démocratique à enrichir. Cela nécessite un effort des partis, des syndicats, des institutions pour être au plus près des aspirations de ceux qu’ils représentent. La crise des gilets jaunes, la défiance généralisée de la société française, l’hyper présidentialisme de nos institutions démontrent que la tâche est immense.

Le deuxième enseignement concerne les réseaux sociaux. Ils ont joué un rôle d’amplificateur des opinions complotistes, de diffuseur des fausses nouvelles (fake news en anglais), comme partout dans le monde. En effet, ils sont officiellement neutres, ne prennent pas parti et laissent se diffuser n’importe quel contenu. Mais devant la gravité de l’insurrection, gravité à la fois symbolique et matérielle, ils ont bloqué les messages de D. Trump et même bloqué son accès à ses comptes. L’urgence justifie ce blocage. Mais en dehors de l’urgence, il n’est pas admissible qu’une entreprise privée censure un·e élu·e, ou quiconque. C’est donc dire qu’il nous faut trouver la solution pour en finir avec l’anonymat des émetteurs de message et l’irresponsabilité des plateformes de diffusion, le tout sans confier le contrôle à des entreprises privées. Il faut donc inventer pour les réseaux sociaux l’équivalent de la loi de 1881 qui organise la liberté de la presse. La tâche est tout aussi immense.

Dominique RAIMBOURG, Premier secrétaire fédéral