Édito du 4 février 2022

 ÉDITO   Pour le grand âge

Le journaliste, Victor Castanet, a fait paraître un livre intitulé « les fossoyeurs ». Ce livre est le résultat d’une enquête de plusieurs années sur les pratiques d’ORPEA, groupe privé de maisons de retraite, d’EPHADs et de cliniques. Ce groupe, fondé en 1989, contrôle près de 1 150 établissements et près 120 000 lits dans 23 pays. Il affiche de très bons résultats financiers.

Cependant, tout au long des années, se sont multipliées les plaintes pour des mauvais traitements infligés aux résident·e·s. L’enquête du journaliste indépendant laisse penser que les résultats financiers sont liés à un rationnement des soins, de la nourriture et à un sous-effectif permanent des soignants, par ailleurs peu payés. Plusieurs enquêtes sont en cours suite à ces révélations.

Les député·e·s socialistes, notamment, Valérie Rabault et Boris Vallaud, ont interrogé avec pugnacité les dirigeants du groupe mercredi 2 février à l’ Assemblée Nationale.
Ce scandale remet sur le devant de la scène la question de la prise en charge de la dépendance dans notre pays. La grande loi sur la dépendance promise par le président de la république n’a finalement jamais été votée.

Face à cette situation, Anne Hidalgo formule des propositions innovantes. Elle veut d’abord prévenir. Elle souhaite intégrer dans toutes les politiques publiques une dimension prenant en compte le bien-vieillir. Elle souhaite contractualiser cette politique avec les collectivités locales. En clair, cela signifie par exemple que la voirie doit intégrer des cheminements pour les gens âgés, que les bailleurs sociaux et les logements doivent prévoir des appartements aménagés…

Elle veut en outre augmenter les moyens pour le maintien à domicile. Enfin, elle souhaite augmenter l’encadrement dans les établissements en fixant comme objectif le ratio de huit personnes pour 10 patients qui est le ratio de l’Allemagne.

Cette politique devrait coûter 1 milliard par an pendant les cinq ans du quinquennat. Le financement serait assuré par une augmentation de la fiscalité sur les gros héritages au-delà de 2 millions d’euros. Cette augmentation devrait permettre une recette de 8 milliards pour l’État.

On le voit : il y a une attention aux plus âgés qui signe la bonne qualité des propositions de notre candidate.

Dominique Raimbourg, Premier secrétaire fédéral.