Édito du 29 avril 2022

 ÉDITO   Pour un large dialogue, sans exclusive à gauche

Malgré un programme solide, une candidate pleinement engagée et des militant·e·s mobilisé·e·s, le résultat de l’élection présidentielle n’a pas été à la hauteur de nos espérances, loin s’en faut. De nombreux facteurs peuvent venir expliquer cet échec et il nous appartient bien entendu d’y travailler. Mais il nous faut aussi faire preuve d’humilité et de lucidité. Nous n’avons pas réussi à convaincre les électeurs et électrices de gauche. Nous ne pouvons pas faire comme si le Parti socialiste était toujours en position centrale à gauche. C’est bien le candidat de la France Insoumise qui est arrivé largement en tête à gauche créant une dynamique le mettant quasi en situation d’accéder au second tour. Nous devons en tenir compte.

Parmi tous les messages que nous ont envoyés les électeurs et électrices de gauche il y a je crois, d’abord et avant tout, une invitation à nous rassembler, à construire un pôle de gauche à même de peser et de faire en sorte que nous ne nous trouvions pas à nouveau à arbitrer entre l’extrême droite et la droite libérale. Mais nous rassembler ne veut pas dire effacer nos différences. Construire une coalition ne veut pas dire nous soumettre ou nous effacer derrière le parti arrivé en tête. Cette coalition doit se faire dans le respect des différents partenaires. C’est ce qu’Olivier Faure a proposé et cette ligne a été largement validée lors du dernier Conseil national qui lui a donné mandat pour engager une discussion avec LFI.

Il n’y a pas beaucoup d’alternatives. Soit nous venons enrichir et participer à cette coalition de gauche pour faire contrepoids au projet d’Emmanuel Macron, soit nous nous retrouvons isolés lors des législatives et les électeurs et les électrices nous feront de nouveau lourdement payer le choix de la désunion.

J’ai toujours œuvré pour un large dialogue, sans exclusive à gauche. Depuis des mois au nom de notre fédération nous travaillons à entretenir ce dialogue avec toute la gauche. Pas pour renoncer à nos convictions, pas pour gommer nos divergences, mais pour offrir une perspective de victoire de la gauche à des Français et des Françaises qui se désespèrent de notre incapacité à construire ensemble à gauche.

Je ne suis pas, le Parti socialiste n’est pas, devenu Mélenchoniste, c’est une évidence. Mais prouvons que nous sommes capables de dépasser nos querelles de chapelles pour le seul projet qui vaille : améliorer concrètement la situation des plus fragiles dans notre pays et agir pour le climat. Alors nous retrouverons la confiance des Français et le PS, sans se renier, aura montré qu’il est à la hauteur !

À ce stade (vendredi 29 avril), aucun accord n’a été conclu. Il y a seulement un texte qui a été préparé pour servir de base aux discussions avec LFI. Ce texte a vocation à être amélioré, précisé. Je ne sais pas si ces discussions aboutiront mais œuvrons dans le sens du rassemblement sans rien renier de ce que nous sommes.

Dominique RAIMBOURG, Premier secrétaire fédéral.