Édito du 27 avril 2021

  ÉDITO  Frémissement, dérive et contribution locale

Le frémissement, c’est la réunion de l’ensemble des partis de gauche samedi 17 avril. À l’initiative de Yannick Jadot, elle a eu le mérite de permettre à toutes nos organisations, qui ne se parlaient plus suffisamment, de renouer le dialogue.
Le chemin est encore long vers une éventuelle candidature commune pour la présidentielle de 2022. Cependant un accord sur le programme permettrait peut-être de dépasser la question des candidat·e·s. Même si cette question de l’incarnation du programme se posera évidemment d’autant que nous sommes confrontés à une concentration excessive des pouvoirs entre les mains du Président.
Nous pourrions envisager que le ou la futur·e candidat·e se présente sous forme d’un ticket avec celui ou celle qui serait la ou le futur·e Premier·e ministre. Cela s’est fait dans le passé. En 1969, Gaston Deferre s’est présenté à la présidentielle avec Pierre Mendès France comme futur Premier ministre. Le score a été très mauvais mais les circonstances ont aujourd’hui changé et l’affichage d’un ticket symbolisant le rassemblement à gauche pourrait être porteur d’avenir et mobilisateur.

La dérive, c’est celle d’Emmanuel Macron, qui à moins d’un an de la présidentielle, s’intéresse désormais à la sécurité. Il avait promis 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires pour son quinquennat. Nous en sommes aujourd’hui à 6214, selon ses propres chiffres (voir l’interview au Figaro du lundi 19 avril 2021). Atteindre les 10 000 d’ici le printemps 2022 est une mission impossible. Il en va de même pour les 15 000 places de prison promises. 7000 sont lancées selon lui. Il poursuit en indiquant que les 8000 autres seront faites « dans la foulée ». C’est bien peu crédible quand on sait qu’il faut 5 ans au bas mot pour construire une prison. Le plus regrettable c’est qu’au-delà de la communication et de la gesticulation politicienne, il n’y a aucune analyse concernant la chaîne pénale (police, justice, pénitentiaire) qui croule sous les dossiers, qui accumule les retards, qui laisse la majorité des sortant·e·s de prison sans suivi…
Nous devons nous attaquer à cette question à gauche, sans pratiquer l’angélisme mais avec pragmatisme et efficacité. C’est précisément pourquoi notre fédération a lancé un cycle de réflexion sur les questions de sécurité. Il s’est achevé et nous allons procéder à la rédaction de la synthèse.

Enfin, la contribution locale, c’est notre participation au rassemblement à gauche dans les prochaines échéances locales. C’est le sens de la candidature de Guillaume Garot aux élections régionales : 10 organisations politiques le soutiennent. C’est le sens également de l’accord porté par Philippe Grosvalet et Michel Ménard entre la majorité sortante du Conseil départemental et la quasi-totalité des organisations de gauche.
Dans des conditions difficiles en raison de la Covid-19, dans un calendrier très serré et fluctuant, nous avons procédé à la désignation de nos candidat·e·s pour les élections régionales et départementales. Notre processus de désignation est perfectible, je suis le premier à en convenir et nous engagerons ce travail fédéral et national. Mais dans les quelques semaines dont nous disposons pour faire campagne et dans le contexte de crise sanitaire qui s’impose toujours à nous tou·te·s, rassemblons toutes nos énergies pour faire gagner la gauche à la région comme au département. L’engagement de chacune et de chacun est pour cela indispensable.

Dominique RAIMBOURG, Premier secrétaire fédéral

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *