Édito du 26 novembre 2021

 ÉDITO   25 novembre, journée contre les violences faites aux femmes

Minerva Mirabal, naquit le 13 mars 1926 en République dominicaine. À l’été 1949, le dictateur Rafaël Trujillo la remarqua lors d’un bal. Elle refusa ses avances ce qui causa l’incarcération de son père, puis la sienne. La jeune femme et ses sœurs se rapprochèrent des milieux socialistes et communistes. Le 25 novembre 1960, le dictateur envoya 4 militaires du service du renseignement assassiner les trois sœurs au bord d’une route. Le 17 décembre 1999, l’assemblée générale de l’ Organisation des Nations Unies déclara le 25 novembre journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes en hommage aux sœurs Mirabal.

C’est hélas encore et toujours un sujet terriblement d’actualité. En 2021, dans notre pays, ce sont déjà plus de 100 femmes qui sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint. Chaque année en France, 580 000 femmes sont victimes de violences sexuelles. Dans l’agglomération nantaise chaque année 24 500 femmes sont victimes de violences physiques ou sexuelles et 550 enfants sont victimes de ces violences en même temps que leurs mères. Parce que ces violences prennent différentes formes, subies dans différentes sphères : personnelle, conjugale, intra et extra familiale, professionnelle, espace public, cyber-violence… cela requiert des réponses fortes, multiples et coordonnées.

Dans une tribune publiée jeudi dernier dans Le Monde, Anne Hidalgo précise ses premières propositions en la matière et appelle à entreprendre une véritable révolution afin d’aboutir à une société sûre pour toutes.

  • Cesser de correctionnaliser les viols et agressions sexuelles. Il s’agit de crimes qui doivent être traités comme tels par la justice.
  • Mettre en place un système de référent unique dès le signalement, pour l’accueil et l’accompagnement de la victime dans toutes ses démarches.
  • Développer l’éducation au consentement, une des conditions sine qua non de la prévention des violences sexuelles.
  • Mettre en place des enseignements spécifiques pour que les nouvelles générations entrent dans l’adolescence et la vie adulte en ayant intégré les notions de libre choix et de consentement, d’égalité des genres.
  • Renforcer le rôle des associations à qui le gouvernement a tenté de retirer la gestion du numéro d’urgence, le 3919.
  • Développer une culture de la protection de la victime ,aucun refus de plainte ne peut être toléré
  • Ouvrir davantage de places d’hébergement d’urgence.
  • Renforcer la protection des enfants en proposant la suspension de l’autorité parentale pour les personnes reconnues coupables de violences intrafamiliales.
  • Mieux former les médecins, policier·e·s, psychologues, magistrat·e·s, travailleurs sociaux, pour améliorer la prise en charge des victimes tout au long de leur parcours de sécurisation.
  • Mettre en place des formations pour enfin reconnaître la spécificité des crimes de genre.
  • Créer des unités de police et de magistrat·e·s spécialisés, puis pérenniser l’existence d’un parquet spécifique, tel qu’il est expérimenté à Nantes.

Il faudra par ailleurs mettre en place un service public de la garde d’enfants, réaliser l’égalité salariale femmes hommes et mettre en oeuvre toute une série d’outils insuffisamment utilisés : téléphone grand danger, bracelets anti-rapprochement…

La tâche est immense mais l’élection d’une femme à la présidence de la République sera un signal fort en direction d’une société qui hérite de siècles de sexisme.

Anne Durand, secrétaire fédérale en charge de l’égalité femmes / hommes et de la lutte contre les discriminations.
Dominique Raimbourg, Premier secrétaire fédéral.