Édito du 21 avril 2022

 ÉDITO   Sous le vernis, l’extrême droite !

Depuis cinq ans, méthodiquement, patiemment, stratégiquement, la candidate du rassemblement national a corrigé, peaufiné et adouci son image ; par ailleurs aidée par les outrances d’Eric Zemmour qui lui ont également permis de gagner en respectabilité.

Mais la lecture attentive et nécessaire de son programme démontre que rien n’a changé sous ce nouveau vernis. Elle n’est pas la candidate des petits contre les gros, elle n’est pas la candidate des campagnes contre les villes, elle n’est pas la candidate des citoyen·ne·s contre le « système ». Elle rêve simplement d’un ordre ancien et brutal loin des valeurs de la République.

Marine Le Pen et les citoyen·ne·s.
En voulant mettre en œuvre la « préférence nationale » la candidate de l’extrême droite remettrait en cause le principe d’égalité issue de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Cette mesure discriminatoire marginaliserait et précariserait les 5,2 millions d’étrangers qui vivent en France, rendant plus difficile voire impossible, leur accès au logement, au travail, aux aides sociales…L’extrême droite veut ainsi créer des citoyen·ne·s de seconde zone ce qui ne fera que fracturer notre pays.

Marine Le Pen et le pouvoir d’achat.
La candidate du rassemblement national se présente comme la défenseure des milieux populaires, des modestes et des précaires. Elle propose donc des mesures pour augmenter le pouvoir d’achat. Elle souhaite exonérer les entreprises de la hausse des cotisations patronales en cas d’augmentation de 10 % tous les salaires jusqu’à trois fois le SMIC. C’est un marché de dupes. Les cotisations patronales et salariales servent à financer la retraite, la prise en charge de la maladie ou encore le chômage. Diminuer les cotisations c’est diminuer les prestations et les allocations retraite, chômage ou maladie. Il n’y a donc pas d’augmentation de salaire. Les salarié·e·s ont une augmentation du salaire direct payé en fait par la diminution du salaire indirect. Il n’y a pas de nouveau partage de la valeur entre le capital et le travail. L’augmentation est un leurre. Marine Le Pen n’est pas la candidate de l’augmentation des salaires.

Marine Le Pen et l’Europe.
Officiellement il n’est plus question de sortie de l’Union européenne ou de sortie de l’euro. Mais le projet vise à mettre en place une Alliance européenne des Nations qui a vocation à se substituer à l’Union européenne. Le moyen d’arriver à cet objectif est un référendum qui viserait à placer le droit français au-dessus des directives européennes. C’est donc un Frexit qui ne dit pas son nom. Elle n’est donc pas la candidate de la coopération européenne à qui nous devons le partage et la distribution des vaccins ainsi que le financement de la relance. Elle n’est pas la candidate de l’Europe qui a su s’unir face à l’agression russe. C’est bien une sortie de l’Union européenne que prépare Marine Le Pen mais à la différence d’il y a 5 ans elle avance masquée.

Marine Le Pen et la fiscalité.
La candidate n’est pas favorable au rétablissement de l’ISF. Elle veut cesser d’imposer les immeubles, appartement ou maison, pour imposer les comptes bancaires et les placements bancaires. C’est l’inverse de ce qu’avait fait Emmanuel Macron. Mais dans un cas comme dans l’autre, l’ancien ISF qui portait sur la totalité de la fortune au-delà de 1,3 million d’euros, n’est pas remis en place. Elle n’est pas la candidate du partage des richesses.

Ce que propose Marine Le Pen est aux antipodes de nos valeurs et de notre conception même de la démocratie. Dimanche prochain, ne nous abstenons pas, ne votons pas blanc ou nul mais utilisons le bulletin de vote Macron pour lui faire barrage.

Dominique RAIMBOURG, Premier secrétaire fédéral.