Édito du 10 mai 2022

 ÉDITO   Réussir le pari du rassemblement

Jeudi 5 mai 2022, notre Conseil national a adopté le texte de l’accord entre le Parti Socialiste et La France Insoumise par 167 voix contre 101 et 24 abstentions. Par cet accord nous nous inscrivons dans une démarche de rassemblement à gauche pour la campagne des législatives.

Je comprends les inquiétudes de certains camarades qui voient dans cet accord un risque d’effacement de notre parti ou de reniement de nos valeurs. Mais avec seulement 1,75% des voix à l’Élection présidentielle, quelle était l’alternative ? Nous tenir à l’écart d’une dynamique à gauche voulue par les électeurs -ils nous l’ont durement fait comprendre à la présidentielle en votant utile- ou nous isoler et nous mettre durablement à l’écart ? Il a donc fallu s’imposer dans les pourparlers en cours aux côtés d’Europe Écologie Les Verts et du Parti Communiste. Il a fallu ensuite négocier avec âpreté, à la fois pour faire valoir nos différences dans l’accord puis négocier l’attribution de circonscriptions.

Nous avons des points de divergences avec Jean-Luc Mélenchon, c’est une évidence. Mais nous avons aussi des points forts de convergence sur lesquels nous appuyer. Nous ne fusionnons pas avec LFI, nous ne nous diluons pas dans une nouvelle structure mais en ayant réaffirmé nos ambitions communes, nos points d’accord comme ce qui nous oppose, nous avons voulu donner sa chance à une démarche collective, la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale (NUPES).

Chaque parti, signataire de l’accord, pourra ainsi constituer un groupe parlementaire et les décisions devront être votées à l’Assemblée une à une. Nous ne sommes donc sous la coupe de personne. Nous sommes membres d’un rassemblement de la gauche à même d’imposer une politique nouvelle en cas de victoire et de représenter une opposition efficace au cas nous n’obtiendrions pas les 289 sièges nécessaires pour constituer une majorité.

À l’issue de la négociation nous obtenons 70 circonscriptions. C’est évidemment trop peu mais sur la base des seules projections des résultats de la présidentielle cela donnait 31 circonscriptions. Nous sommes bien au-delà et cela préserve notre possibilité de conserver un groupe à l’Assemblée nationale, essentiel à notre fonctionnement. Pour notre fédération c’est un mauvais accord, c’est un effort considérable que nous acceptons notamment car nous n’avions pas de député·e sortant·e.

Je le déplore d’autant que nous avions des candidates et des candidats de grande valeur à présenter, des camarades ancrés sur leur territoire et en capacité de rassembler à gauche. Je tiens à saluer et à remercier Gildas sur la 2e circonscription, Karine sur la 3e, Valérie sur la 4e, Fabrice sur la 5e, Farida sur la 9e et Delphine sur la 10e ainsi que leurs équipes. À Saint-Nazaire notre camarade Xavier Perrin a décidé de maintenir sa candidature en dehors du parti. Je ne peux que lui souhaiter bonne chance pour défendre la gauche sur ce territoire même si je regrette que cela se fasse en dehors du cadre de l’accord avec nos partenaires.

C’est notre camarade Secrétaire de section de Nantes Nord, Karim Benbrahim qui défendra nos couleurs sur la 1ère circonscription, Nantes Nord et Orvault. Il sera ainsi le candidat socialiste de la Loire-Atlantique. Anne-Sophie Judalet, Conseillère municipale à Orvault, proche d’EELV sera sa suppléante. J’ai toute confiance en Karim pour mener cette campagne. La fédération sera pleinement à ses côtés. J’invite les militant·e·s de notre fédération à se mobiliser pleinement autour de notre candidat.

Par ailleurs il faut aussi nous inscrire dans toutes les organisations de campagne des autres candidat·e·s de l’accord. Soyons présent·e·s dans ce rassemblement de gauche, faisons vivre ce rassemblement. C’est la première fois depuis 10 ans que toutes les gauches se parlent et œuvrent ensemble. Cela vaut la peine d’essayer et d’y rendre toute notre part !

Dominique RAIMBOURG, Premier secrétaire fédéral.