Transition : La barre trop haute ?

  COMMUNIQUÉ   Plan santé :
Un manque d’ambition et de moyens

Le plan santé, dont les mesures phares ont été décidées sans l’aval des principaux acteurs concernés, se révèle a priori assez consensuel et peu novateur.

Certaines propositions vont dans le bon sens, seulement nous sommes loin du Big bang annoncé. Par exemple, aucune contrainte nouvelle de garde ni d’obligation d’installation pour les médecins libéraux ne sont mises en place.

Le médecin libéral de proximité est indispensable dans le maillage territorial. Ni l’abrogation du numérus clausus, ni les quelques assistants médicaux ne répondront aux besoins de la population des zones sous dotées et essentiellement rurales. La mise en place de communautés professionnelles territoriales de santé est encore une fois une ancienne idée qui ne saura répondre aux vrais besoins de la population.

La suppression du numerus clausus ne réglera pas le problème de la démographie médicale, tout au plus il modifiera le profil et augmentera la diversité des futurs médecins formés.

Si des financements au forfait vont être mis en place dès 2019 pour deux pathologies chroniques : le diabète et l’insuffisance rénale chronique. Nous pouvons regretter que ce financement ne soit pas étendu à l’ensemble des maladies chroniques.

Nous ne retrouvons aucune mesure pour développer la prévention, alors que le gouvernement ne cesse de louer le besoin.

Le manque de moyens est flagrant avec une augmentation minime de l’objectif national de dépenses d’assurance-maladie de 0,2 point, le portant ainsi à 2,5 % en 2019, soit 400 millions d’euros supplémentaires. Or 100 milliards manquent chaque année au budget de l’État à cause de la fraude fiscale. Nous pouvons encore une fois nous interroger sur les priorités de ce gouvernement.

La fédération de Loire-Atlantique du Parti socialiste estime que ce plan est à l’image du gouvernement qui confond vitesse et précipitation. Si le diagnostic est bon (stratégie nationale de santé), les réponses sont frileuses et ce plan manque d’ambition et de moyens.

Dominique RAIMBOURG,
Premier secrétaire fédéral