Quatrième conférence de presse du président de la République

20140919 cf-pr« Rendre compte régulièrement devant les Français de l’action que je mène » : c’est à ce titre que le président de la République a tenu sa quatrième conférence de presse, dans un contexte où « le monde affronte des crises qui se conjuguent », « l’Europe est devant des choix cruciaux », « la France s’interroge ». À cette occasion, le François Hollande a tenu à livrer la conception de son devoir jusqu’à la fin de son mandat.

 

1. CE DEVOIR, IL EST D’ABORD D’ASSURER NOTRE SÉCURITÉ

« Le monde est menacé par un terrorisme qui a changé de dimension. Il n’a jamais autant disposé de moyens militaires, financiers et humains. Il prétend constituer des Etats ». « C’est en Irak et en Syrie que le danger est le plus grand ». Notamment « parce que la communauté internationale est restée inerte » l’année dernière. « Les armes chimiques ne sont plus là, mais le terrorisme est toujours là ». « Le groupe terroriste Daesch attire des combattants du monde entier » : certaines jeunes y meurent, les autres peuvent revenir avec les pires projets dans la tête (musée juif de Bruxelles, …) « C’est un mouvement qui vient de partout et qui veut conquérir des territoires ». Ce jeudi, la France « a répondu à la demande des autorités irakiennes en accordant son soutien aérien », après une réunion du Conseil de défense. « Nous n’irons pas au-delà : il n’y aura pas de troupes au sol, et nous n’interviendrons qu’en Irak ». Conformément à la Constitution, le Parlement sera informé dès les premières opérations engagées. Le Premier Ministre réunira les Présidents des groupes parlementaires et un débat aura lieu au sein des assemblées la semaine prochaine. Ce jeudi, Bernard Cazeneuve a fait adopter le projet de loi pour lutter contre les filières terroristes, à la quasi-unanimité. « Le monde fait face à un autre fléau : l’épidémie Ebola ». « Là aussi, la France doit prendre ses responsabilités ». « Par solidarité avec les pays d’Afrique », « qui sont des pays amis ». « Mais aussi pour sa propre sécurité ». Une volontaire française a été atteinte par le virus : « elle sera hospitalisée dans les meilleures conditions, à Paris ». Le président de la République a tenu à « saluer ceux qui prennent des risques, pour que nous n’ayons pas de risque ». La France va « installer dans les jours qui viennent un hôpital militaire en Guinée forestière, là où se situe le foyer principal de l’épidémie ». « Il s’agit de sauver des vies et de protéger les nôtres ». « Les tensions ne sont pas loin de l’Europe, elles sont aux frontières de l’Europe », en Ukraine. Les principes essentiels ont été remis en cause : l’intégrité territoriale et l’intangibilité des Etats. Ce conflit a déjà fait plus de 2600 morts et des centaines de milliers de déplacés. Comme un retour de la guerre froide. Aujourd’hui, la France participe, avec ses partenaires, à la surveillance de l’application du cessez-le-feu.

2. IL EST AUSSI D’AGIR EN EUROPE, QUI EST DE NOUVEAU DEVANT DES CHOIX CRUCIAUX

« L’Europe doit avoir une défense ». Elle ne peut plus s’en remettre à d’autre, sinon elle n’est pas un continent qui pèse, ni laisser quelques pays, et notamment la France, faire le travail à sa place. Une étape doit être franchie pour coordonner les efforts, pour en partager le coût, et pour renforcer l’industrie européenne de défense. C’est la condition de notre indépendance. « L’Europe doit être une protection ». Elle ne l’est pas aujourd’hui et elle n’est pas ressentie comme telle. Et lorsque le projet européen se dilue, la voie est ouverte aux égoïsmes, aux populismes, aux séparatismes. Après un demi-siècle de construction de l’Europe, nous risquons d’entrer dans une « dynamique de déconstruction », pas seulement de l’Union, mais des Etats eux-mêmes et des solidarités intérieures comme extérieures. Toutes les élections « ne sonnent plus comme des avertissements mais comme des tocsins ». « Le danger, c’est l’enlisement des économies européennes dans la stagnation, un scénario de fin de croissance ». C’est pourquoi le président de la République plaide depuis 2 ans pour que le retour nécessaire aux équilibres budgétaires s’adosse à une véritable politique de soutien à la croissance. Nous commençons à être entendus : la BCE a pris des initiatives, J.-C. Juncker a présenté un plan d’investissement de 300 Md €, … Le sommet de la zone Euro, demandé par le président de la République, se tiendra le 24 octobre prochain. « Grâce à nos réformes, nous avons pu différer le retour aux 3% de déficit à 2015 ». « Le choix que j’ai proposé est d’atteindre ces 3% en 2017. Convaincrons-nous ? Notre économie doit faire à la fois le rétablissement de la compétitivité et réduire ses déficits publics en même temps, avec la même intensité ». « Ma priorité, c’est l’emploi. A partir de là, c’est-ce qu’il faut faire prioritairement : alléger le coût du travail, donner de la marge d’investissement aux entreprises pour que l’économie française puisse se rétablir. La clef, c’est l’investissement. » Il est important que la France fasse des efforts. Mais « que l’on ne nous demande pas de faire en 5 ans ce que l’Allemagne a fait en plus de 10 ans, dans un environnement économique plus favorable et sans contrainte de déficit public ». La France est prête à de nouvelles initiatives. Pour aller plus loin avec l’Allemagne dans des politiques intégrées comme la transition énergétique, le numérique et les infrastructures. La France est « pour une Europe à plusieurs vitesses », « avec le couple franco-allemand comme moteur ».

3. IL EST D’AGIR POUR LA FRANCE : LE SEUL OBJECTIF DU QUINQUENNAT, C’EST QUE LA FRANCE RETROUVE TOUTE SES FORCES

« Pour aller de l’avant, pour prendre toute sa place dans la mondialisation et pour que les Français […] vivent mieux à la fin [du] quinquennat ». Le constat de 2012, personne ne l’a inventé. Il a été établi par la Cour des Comptes, le rapport Gallois et tellement d’autres instituts. Le président de la République a donc « fait des choix », « revendiqués », « cohérents » avec la campagne présidentielle. Le choix de la compétitivité : « soutenir les entreprises, c’est soutenir ceux qui y travaillent. C’est un choix irrévocable ». Le choix de la maîtrise de la dépense publique, avec un « plan exceptionnel » de 50 Mds€. Ces « efforts, aucun gouvernement […] précédemment ne les avaient réalisés ». Le choix de la justice sociale : un meilleur accès à la santé, l’adaptation de la société au vieillissement, un soutien aux familles modestes, la retraite à 60 ans, … Le choix de la jeunesse : « c’est [la] priorité, ça l’est toujours ». Au-delà des priorités données à l’apprentissage et à la lutte contre le décrochage. « Le numérique va être généralisé ». Le plan numérique qui sera mis en œuvre dès 2016 au collège est « une chance ». Le service civique, qui est « une grande idée », va être élargi pour faire en sorte « qu’il soit beaucoup plus accessible, qu’il y ait plus de missions, qu’il y ait plus de jeunes, […] que cela donne aussi des droits […] par exemple passer son permis de conduire ». Le choix de l’innovation et de la transformation. Ce sont notamment les 34 plans industriels, et la transition énergétique, qui sera « la grande cause » nationale (loi de transition) et internationale (COP21). Le choix de la République : indépendance de la justice et de la presse, égalité femmes-hommes, mariage pour tous, réforme territoriale, … La République, c’est aussi la transparence et l’exemplarité : « les choses sont en train de changer ». « Il n’y a pas davantage d’élus indélicats que par le passé, [..] mais il y a aujourd’hui davantage de procédures qui permettent de les découvrir et donc de les sanctionner ». Et si la « Haute autorité […] veut renforcer ses moyens, elle nous fera des propositions et nous en tiendrons le plus grand compte ».

 

Le devoir, c’est « d’agir pour que toutes les réformes utiles soient menées ». « Les résultats tardent à venir », « ils viendront si nous nous mobilisons tous » : « le cap que [le Président de la République a] montré nous permettra d’avoir des résultats [espérons-le] avant 2017 ». « La majorité de l’Assemblée nationale a donné sa confiance au gouvernement » : le gouvernement « n’y était pas contraint […] mais c’était une clarification nécessaire ». « Cette majorité peut être plus large, rien n’empêche de poursuivre le débat, de l’enrichir, d’améliorer ce qui est proposé mais dans le cadre qui est fixé, dans la ligne qui est tracée parce que sinon il n’y a plus rien de compréhensible ». Et « tous les concours sont les bienvenus y compris les propositions de l’opposition ».

« Il y a toujours des alternatives ». Sortir de la zone euro, fermer les frontières, chasser tout ce qui est étranger : ce n’est pas la France, ce ne sont pas ses valeurs. Ce n’est pas l’Europe, ses principes qui ont fondé la paix. Casser le modèle social, faire 100, 150 milliards d’€ de baisse des dépenses, en finir avec les 35 heures, la retraite à 62 ans, le droit du travail, le CDI : les inégalités seraient accrues, la précarité augmentée et le dialogue social enterré et la croissance étouffée. Fuir dans les déficits et la dette. Pour être rattrapé par les contraintes financières, pour laisser une charge sur nos successeurs, pour rendre la France vulnérable. Cela a été tenté. Je rappelle qu’en 2009 il y avait 7% par rapport à la richesse nationale de déficit, est-ce qu’on se portait mieux ? C’était la crise et la récession. Très peu pour moi.

La fonction présidentielle. « L’objectif n’est pas de figurer, mais de pouvoir faire réussir la France ». « Je suis président. Je ne suis pas candidat. Je serai président jusqu’au bout. Je n’ai pas d’autres priorités que de faire tout pour mon pays ». « Ce qui m’a paru le plus nécessaire, c’est d’être dur avec moi-même, parce que je l’ai été. » « Vous pensez être durs par rapport à moi. Jamais vous ne l’êtes autant que je ne le suis par rapport à ce que suis». « Aujourd’hui, j’ai l’expérience qui permet d’affronter toutes les situations ».