Mise en vente de STX Europe : l’État doit se mobiliser pour assurer l’avenir des chantiers navals

La décision prise par la banque publique coréenne de mettre en vente STX Europe fait resurgir à Saint-Nazaire des inquiétudes légitimes. L’État doit se mobiliser et jouer son rôle comme il a pu le faire au moment de la commande de l’oasis 3.

Les Parlementaires Marie-Odile Bouillé et Yannick Vaugrenard réagissent.

 

COMMUNIQUÉ DE MARIE-ODILE BOUILLÉ
Députée de la 8e circonscription de Loire-Atlantique :

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L’éventualité d’une vente de STX Europe (détenant notamment les chantiers nazairiens) par STX Corée revient sur le devant de la scène après une première rumeur au printemps 2013. À cette époque, le gouvernement assurait suivre le dossier au jour le jour sans inquiétude excessive et qu’il ne laisserait jamais tomber STX France.

À chaque fois, la question est moins la vente en tant que telle que la nature de l’acheteur car chacun mesure que l’actionnaire coréen ne s’implique pas au niveau attendu depuis 2008.Le futur acheteur potentiel doit être un industriel, pas un banquier ni un fonds de pension. STX Europe a besoin d’un capitaine industriel, pas d’un cannibal financier.

Il revient à l’État de jouer son rôle de stratège et d’actionnaire dans la recherche active d’une solution industrielle permettant d’engranger de nouvelles commandes, de poursuivre la diversification sur les Énergies Marines Renouvelables, et de garantir la pérennité de tous les emplois.

En cas de difficultés, il ne faudra pas écarter l’hypothèse d’une prise de participation majoritaire de l’État, à titre exceptionnel et provisoire, le temps de construire une solution pérenne.

J’ai rappelé l’ensemble de ces éléments à Arnaud Montebourg aujourd’hui même, lui demandant d’apporter les éléments d’informations complémentaires que l’État doit obtenir en tant qu’actionnaire.

Marie-Odile Bouillé

LETTRE DE YANNICK VAUGRENARD
Sénateur de Loire-Atlantique, au Premier ministre Jean-Marc Ayrault :

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Monsieur le Premier Ministre,

Nous apprenons avec inquiétude que la banque publique Korea Developpement Bank (KDB), qui supervise le plan de restructuration du sud-coréen STX, a décidé de mettre en vente l’unité européenne du groupe qui contrôle 66,6 % des chantiers navals de Saint-Nazaire.

En avril dernier, des hypothèses allant en ce sens ont déjà été évoquées suite à l’annonce des dettes colossales de STX Corée. Ma crainte est aujourd’hui la même qu’hier, à savoir que la vente d’actions STX ait lieu sans surveillance suffisante de la part de la France, et qu’une participation nouvelle dans le capital mette à mal le chantier nazairien. Ceci pourrait être en effet le cas si entrait notamment dans le capital, un actionnaire européen concurrentiel en termes de construction de navire de croisière.

Je demande donc que notre pays surveille les opérations de vente comme « le lait sur le feu ».

Parallèlement, un tour de table de grands groupes industriels français s’avère nécessaire, à l’initiative de l’État, pour assurer l’avenir industriel du site en envisageant une entrée dans le capital.

Vous connaissez parfaitement le savoir-faire et la grande compétence des professionnels du chantier naval nazairien, et de ses sous-traitants. Toutes les solutions doivent être envisagées pour maintenir et développer cette activité, y compris la prise de contrôle majoritaire temporaire de l’État dans le capital si la situation l’exige.

Monsieur le Premier Ministre, vous avez démontré votre engagement pour ce secteur industriel en contribuant à la signature de la commande du paquebot Oasis 3. Aujourd’hui, nous avons à nouveau besoin de toute votre attention dans cette période extrêmement délicate.

Veuillez agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma haute considération et de mes sentiments amicaux.

Yannick Vaugrenard