Les festivals : un vivier pour notre territoire

Les Nuits de l’Erdre, les Escales, les Rendez-vous de l’Erdre… ces festivals ponctuent notre été. Et, occasionnellement, nous nous retrouvons confronté·e·s à des réactions négatives : « gaspillage inutile d’argent », « payés sur nos impôts », etc. À l’heure où la saison des festivals bat son plein, il est utile de rappeler pourquoi ces événements sont financés par les collectivités territoriales.

Les festivals sont avant tout un des leviers d’accès à la culture. Tout d’abord, l’accès à la culture peut s’entendre comme éducation à la culture, découverte de nouvelles musiques ou arts. Ainsi, certains événements, comme les Folles Journées, proposent des séances scolaires afin de favoriser l’accès à un genre musical vers lequel les élèves ne seraient pas forcément allé·e·s d’eux/elles-mêmes.
Ensuite, l’accessibilité peut être pensée avec l’approche sociale. Des festivals, comme Bouge à Saint-Nazaire, sont gratuits pour assurer l’accès à des spectacles et concerts pour tous et toutes.
Du point de vue mobilité enfin. Avec des événements comme le festival Couvre-Feu à Corsept, les habitant·e·s ont accès à des groupes de renommée internationale sans que le déplacement dans les grandes métropoles soit un frein.

Rassurons ensuite les inquiet·e·s du bon usage des deniers publics. Allouer des subventions à un festival ne relève pas d’un acte gratuit. Cela fait partie de la stratégie de développement économique local. D’une part les festivaliers et festivalières consomment sur place, d’autre part les festivals participent aux politiques d’attractivité territoriale -notamment par le tourisme- et créent des emplois. Il y a donc des retombées économiques directes ou indirectes.


Nous regrettons les coupes massives des subventions régionales aux organisations culturelles. Ces coupes de 150 000€ en 2016 et de 900 000€ en 2017 ont nullement été compensées par des hausses. Toutes les scènes pluridisciplinaires et de musiques actuelles, partout en Pays de la Loire, ont subi une baisse de 10% ou plus de leur aide de fonctionnement. Le festival Les Escales (26e édition) à Saint-Nazaire a notamment pâti d’une baisse de -10 000€.

 

  COMMUNIQUÉ  Culture : les scènes nationales nouvelles cibles de la majorité régionale !

Lors de la commission permanente du 13 juillet, la majorité régionale a décidé de s’attaquer aux scènes nationales et aux salles de théâtres et spectacles, symboles de la culture locale. Lieu Unique, Le Quai, Le Grand Air… toutes ces structures, fréquentées et appréciées des Ligériens vont subir les baisses de subventions orchestrées par la majorité régionale :

  •  En Loire-Atlantique : -60 000€ pour le Lieu Unique à Nantes, -25 000€ pour le théâtre de Saint-Nazaire et -4 000€ pour le Champilambart à Vallet,
  •  En Maine et Loire : -60 000€ pour le Quai à Angers, et -20 000€ pour les Scènes de Pays dans les Mauges,
  •  En Sarthe : -25 000€ pour les scènes nationales Les Quinconces et L’Espal, et-4 000€ pour l’association La Fonderie, compagnie et lieu de théâtre,
  •  En Vendée : -25 000€ pour la scène nationale Le Grand R.

Jean-Pierre Le Scornet, Conseiller régional membre de la commission Culture, sport vie associative, bénévolat et solidarités estime que ces baisses régionales constituent un nouveau mauvais signal donné aux acteurs culturels ligériens. « Ces scènes conventionnées ou pluridisciplinaires sont indispensables à la création artistique et à la diffusion culturelle. Ces coups de rabot fragilisent grandement leur équilibre financier. Ils les placent aussi sous la menace de la double peine avec, par effet mécanique, des baisses qui pourraient intervenir de la part des autres partenaires institutionnels et financiers ».

« Il s’agit d’une baisse sans précédent » s’indigne Carine Ménage, Conseillère régionale membre de la commission Culture, sport vie associative, bénévolat et solidarités « Sous prétexte de nouer le dialogue avec les partenaires culturels en les renvoyant à des financements par projet, la majorité régionale crée de l’insécurité financière. En mettant en difficulté ces scènes, la Région fragilise l’emploi et menace la liberté de création. Cette décision fait transparaître un manque d’ambition et de vision régionale en matière de culture ! »

Communiqué du Groupe des élus socialistes, écologistes, radicaux et républicains au Conseil régional des Pays de la Loire, le 13 juillet 2018