Édito du 26 mars 2021

  ÉDITO  Défendre la culture

Le vendredi 19 mars je me suis rendu à l’agora qui se tient tous les jours entre 13h et 14h sur le parvis du théâtre Graslin. J’ai apporté le soutien du Parti socialiste aux acteurs culturels luttant pour défendre leur profession et leur art. J’ai rappelé que le 24 février les partis de gauche unis avaient signé un appel à la réouverture des lieux de culture et à la prolongation d’une année blanche pour l’indemnisation du chômage. J’ai rappelé également les mesures de soutien importantes prises tant par la métropole nantaise que par celle de Saint-Nazaire.

Pour rappel, c’est d’ailleurs sous le précédent quinquennat, le 28/04/16 qu’a été signée une convention, suivie d’un décret d’application améliorant considérablement le régime des intermittent·e·s du spectacle.

Nous donnons la parole dans cette infolettre du 26 mars à un militant rezéen, Loran Grippay, acteur culturel présent également sur cette agora.

Dominique RAIMBOURG, Premier secrétaire fédéral

📸 F.Brenon/20Minutes

Depuis quinze jours, les théâtres sont occupés sur tout le territoire français. Désormais, plus de quatre-vingt lieux sont transformés en lieux de toutes les luttes !
À défaut de tirer des câbles, monter des scènes, jouer, fabriquer des décors et des costumes, les intermittent·e·s se mobilisent quotidiennement.
L’écho de nos occupations est énorme à Nantes comme ailleurs, sans que ne soit encore bien compris le terreau de cette lutte et ses ambitions. C’est donc le moment de rappeler nos revendications et de revenir sur quelques malentendus ou idées reçues qui se font jour, çà et là :

Nous, artistes, musicien·ne·s, comédien·ne·s, danseuses et danseurs, technicien·ne·s, diffuseurs, autrices et auteurs, occupant·e·s des lieux de culture, affirmons que notre lutte dépasse les revendications du secteur culturel et appelons à la mobilisation générale contre le projet de réforme de l’assurance chômage qui, en pleine crise, risque d’accroître la paupérisation d’un très grand nombre de salarié·e·s et de demandeurs d’emploi. Nous voulons aussi que soient garantis tous les droits sociaux, en particulier les congés maternité et maladie, pour tous les salarié·e·s à emploi discontinu et les artistes auteurs.trices.
Nous souhaitons bien sûr retrouver nos lieux de travail avec la réouverture immédiate des espaces de rencontres artistiques avec le public dans des conditions définies en concertation avec les professionnels concernés.

Ayant toujours l’interdiction de travailler avec cette crise qui perdure, nous demandons la prolongation de nos droits au-delà de l’année blanche décidée en juin dernier. Dans le contexte actuel nous ne serons plus accompagnés au 31 août si le gouvernement ne réitère pas une prolongation pour notre statut déjà fragilisé et devenu totalement précaire.

Cette crise sanitaire et les mesures de confinement ont confronté nos métiers à une situation inédite, chaque jour nous nous interrogeons sur notre avenir. Ne lâchons rien, nous aimons nos métiers.
N’oublions pas que le monde de la culture, c’est 2,3% du PIB en chiffre d’affaires.

Loran GRIPPAY, Militant. Artiste intermittent depuis trente ans