Édito du 23 octobre 2020

  ÉDITO   Après l’horreur

Après l’horrible assassinat de Conflans-Sainte-Honorine, notre pays a été à la hauteur. Il a su globalement se rassembler et manifester son rejet de la barbarie, son soutien à l’école de la République et à la liberté d’expression. Il a su rendre un hommage digne à ce professeur Samuel Paty. Après l’émotion et la colère il faut maintenant se réunir autour de plusieurs politiques à mettre en œuvre.

Tout d’abord il faut continuer et amplifier le travail de renseignement et fermer tous les lieux diffusant des appels à la haine et à la violence. C’est un des moyens de lutter contre l’islamisme, cette idéologie politique qui dévoie et instrumentalise une religion, l’islam, dans l’espoir d’imposer ses normes politiques dans les sociétés sécularisées en en voie de sécularisation.

Ensuite il faut civiliser les réseaux sociaux. Ce déferlement de haine et d’invectives n’est plus supportable. Il est indispensable de construire une législation semblable au droit de la presse qui rende Facebook, Twitter, Instagram et autres responsables des contenus qu’ils véhiculent.

Il est tout aussi nécessaire de continuer l’effort d’approfondissement laïc que permet la loi de 1905.

Depuis deux décennies les gouvernements en place ont travaillé à construire un islam de France. Cela s’est manifesté avec Nicolas Sarkozy et la création du CFCM, Conseil Français du Culte Musulman. Cela s’est poursuivi avec François Hollande. En 2016 en effet, ont été créées des diplômes universitaires de formation civile et civique. Ces diplômes sont nécessaires pour qui veut être aumônier dans les prisons, les hôpitaux ou les armées et ce pour toutes les religions. Dans le même temps la fondation pour l’islam de France a été instituée pour promouvoir une réflexion sur cette religion. Enfin, les bases d’une réflexion sur le financement de l’islam dans notre pays ont été jetées.. Ce travail s’est poursuivi sous Emmanuel Macron.

Cette intégration d’une religion ne désarmera évidemment pas tous les fanatiques et tous les assassins. En revanche il les privera d’une base idéologique et amplifiera le rejet de leurs crimes en confortant la solidité de notre société. La peur et la haine ne gagneront pas. C’est collectivement que nous devons mener ce combat républicain, et le Parti socialiste doit y prendre toute sa part, dans le respect de l’État de droit mais aussi sans naîveté !

Amitiés socialistes.
Dominique RAIMBOURG, Premier secrétaire fédéral
Bassem ASSEH, Porte-parole