Édito du 22 janvier 2021

  ÉDITO  Réveillons l’espoir

La pandémie, le couvre-feu, l’attente des vaccins, la crise économique, l’hiver, la pluie, rien ne nous incite à la gaîté. Voici donc quelques bonnes nouvelles pour nous aider à garder le moral.

Tout d’abord Joe Biden a été investi 46e président des États-Unis. La vice-présidente Kamala Harris est la première femme noire et d’origine indienne a occuper cette fonction. Au-delà de la satisfaction d’en avoir fini avec Donald Trump, cette victoire des démocrates signifie le retour du multilatéralisme dans les relations internationales, l’implication des États-Unis dans la lutte contre le réchauffement climatique et un programme de relance économique et sociale d’envergure. On peut espérer tourner la page de la domination idéologique de la pensée Reagan-Thatcher et de l’ultralibéralisme.

Pour autant il ne faut pas se leurrer et penser que les États-Unis vont abandonner leur ambition d’être leader mondial. C’est ici qu’intervient la deuxième bonne nouvelle. Le commissaire européen, Thierry Breton entend promulguer des règles pour les GAFA. Ces géants numériques, tous américains, sont un des outils de la domination de ce pays sur le monde. Est donc prévue une réglementation sur les contenus (Digital Services Act en anglais) visant à lutter contre la haine en ligne et les fausses nouvelles. Une deuxième réglementation luttera contre l’abus de position dominante pour obtenir des marchés, publicitaires ou autres (Digital Markets Act).

La troisième bonne nouvelle est aussi européenne. Mark Rutte, premier ministre hollandais a été renversé. Il était à la tête des pays européens opposants au plan de relance financé par la banque européenne pour lutter contre la crise économique liée à la pandémie. Cette position était d’autant plus insupportable que les Pays-Bas sont un paradis fiscal. Sa chute est liée au scandale des allocations familiales. Chantre de la rigueur, il a faussement accusé des parents d’avoir fraudé les aides aux enfants. Il a mis en place des procédures de remboursement. Or il n’y avait pas de fraude. On peut espérer ici aussi un recul de l’idéologie de la rigueur.

L’Histoire manie parfois l’ironie aux dépens des humains. Avant sa carrière politique Mark Rutte a travaillé chez Unilever, le géant de la lessive. Et il a chuté en voulant laver plus blanc que blanc.

Dominique RAIMBOURG, Premier secrétaire fédéral