Édito du 13 novembre 2020

  ÉDITO   Se chauffer ou se nourrir ?

Dans son rapport annuel « État de la pauvreté en France 2020 », publié ce jeudi 12 novembre, le Secours Catholique alerte sur la dégradation du niveau de vie des plus pauvres dans notre pays. L’association y décrit un quotidien fait de privations et « d’arbitrages impossibles… chauffer le logement ou se nourrir, acheter un habit pour la rentrée ou payer la facture d’électricité ».

Ce rapport nous dit beaucoup sur l’état de notre société et son évolution, sur l’insuffisance des moyens mobilisés pour venir en aide à ces personnes vivant dans une très grande précarité. Il est d’autant plus inquiétant qu’il se fonde sur les données recueillies en 2019. On mesure combien la crise sanitaire va encore dégrader leur situation et plonger de nouvelles familles dans la pauvreté. Il y a donc urgence à ce que l’État, aux côtés des collectivités locales, mette en place un plan d’urgence pour les plus précaires.

Quelques éléments à retenir : en 2019, le niveau de vie médian de l’ensemble des ménages rencontrés au Secours Catholique baisse de 5€ par rapport à 2018 pour atteindre 537€, un chiffre très en dessous du seuil d’extrême pauvreté estimé à 716€ en 2019. 23% des ménages ne percevaient même aucune ressource, c’est 8 points de plus qu’en 2010. C’est donc une situation qui s’aggrave encore.

Selon le Secours catholique, « ce sont souvent des ménages de nationalité étrangère, parmi lesquels de plus en plus d’étrangers pourtant en situation régulière… La part de ménages percevant des revenus du travail augmente : 54% des ménages ayant des ressources percevaient des revenus du travail (y compris retraite et chômage indemnisé) en 2019, contre 46% en 2010 ». La part des travailleurs pauvres est donc en nette augmentation ce qui doit aussi nous interroger sur le travail précaire qui ne permet pas de vivre décemment.

Enfin, le rapport note « deux évolutions divergentes » : les jeunes adultes d’âge actif sont fortement surreprésentés et le vieillissement des ménages se poursuit. « Les plus de 60 ans représentent désormais 15% des adultes français accueillis ». Autre élément notable : « la part des mères isolées reste trois fois plus importante dans les accueils du Secours Catholique que dans la population générale ».

Ce rapport est particulièrement nécessaire mais il est glaçant car derrière ces chiffres, nous le savons, ce sont des hommes, des femmes et des enfants qui souffrent. À nous, militant·e·s socialistes de les défendre et de faire entendre leurs voix.

Dominique RAIMBOURG, Premier secrétaire fédéral

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