Édito du 05 mars 2021

  ÉDITO  Égalité Femmes Hommes : Toutes et tous en action sur les territoires

À quelques jours du 8 mars, journée internationale pour les droits des femmes, nous avons consacré notre conseil fédéral à l’égalité femmes/hommes et aux moyens d’agir concrètement pour l’égalité réelle. Olivia Agasse, secrétaire fédérale à l’égalité, a piloté les débats.

Mahaut Bertu, adjointe à la maire de Nantes en charge de l’égalité, nous a présenté le plan d’actions pour faire de Nantes, à 10 ans, une ville non sexiste. Les objectifs sont multiples et visent tant la vie professionnelle que la vie familiale, la place de chacun dans la ville. Pour cela les leviers sont divers : aménager et sécuriser les espaces publics et les transports collectifs, faire baisser le seuil de tolérance des actes sexistes ou discriminatoires afin que chacun réagisse quand il voit une femme en être victime, encourager le sport au féminin, travailler sur l’aménagement des cours d’école et faire en sorte qu’elles soient mieux partagées entre filles et garçons, soutenir les formations de négotraining pour aider les femmes dans les négociations salariales, féminiser les noms de rues et ainsi mieux reconnaitre la place des femmes… Poursuivre le formidable projet Citad’elles espace refuge qui offre aux femmes victimes de violences un hébergement d’urgence, la possibilité de déposer plainte dans les locaux grâce à un accord avec la police et la gendarmerie, propose des consultations de psychologues permettant de commencer à se reconstruire, aide à la recherche d’un logement.

Hervé Corouge, vice-président du Conseil départemental a rappelé que le Département de Loire-Atlantique a obtenu les labels Égalité et Diversité qui viennent reconnaître l’engagement fort du département en faveur de l’égalité professionnelle et la lutte contre les discriminations fruit d’un long travail qui a mobilisé les élu.e.s et les agents de la collectivités. Plus d’un tiers des agents départementaux ont été formés, lors de sessions de sensibilisation aux enjeux de l’égalité femmes-hommes, contre le sexisme au travail et les discriminations.

Le département intègre les enjeux d’égalité et de diversité à travers ses actions et les politiques publiques qu’il conduit. Notamment sur les actions pour lutter contre les violences faites aux femmes, en termes d’information, de sensibilisation et d’accompagnement social (soutien aux associations et développement de projets innovants, intervenantes sociales en gendarmerie et commissariat, aide à l’hébergement et place d’urgence, soutien au 3919 et au téléphone grave danger).

Les jeux et jouets non genrés pour les services de la petite enfance participent à réduire les inégalités dès le plus jeune âge, de même que la sélection d’ouvrages qui évitent toutes représentations stéréotypées et abordent les sujets du handicap, de l’homoparentalité. C’est un critère de sélection de Département pour l’attribution des marchés d’achats. Concernant la précarité menstruelle et le tabou des règles, le Département a installé des distributeurs de protections menstruelles dans plusieurs associations et espaces départementaux des solidarités ainsi que dans huit collèges publics à ce jour. Des kits premières règles ont été remis aux élèves de 6e dans ces mêmes établissements accompagnés d’actions pour parler des règles aux filles et aux garçons et déconstruire les clichés. Le département utilise des leviers pour réduire les inégalités salariales entre les femmes et les hommes, par exemple avec le rééquilibrage des filières dans le cadre du nouveau régime indemnitaire.

Garance Leroux, membre du bureau des Jeunes socialistes (MJS), a été commerciale en matériaux et outils pour le bâtiment parmi soixante collègues masculins. Elle a partagé son expérience et souligné la nécessité de renforcer la mixité des métiers et d’obliger les entreprises à former ses salariés à ces questions. Les études montrant clairement que les équipes mixtes fonctionnent mieux. Dès le collège un vrai travail sur l’orientation des élèves est nécessaire.

Dorsaf Touati, étudiante et membre des Jeunes socialistes, a insisté sur la sécurisation des transports, notamment la nuit, pour rentrer des soirées. Elle a évoqué la nécessaire lutte contre la précarité étudiante renforcée par la crise sanitaire.

Enfin un consensus s’est dégagé pour mettre en avant quatre revendications parmi d’autres :
Conditionner le versement des subventions aux associations à un suivi par les dirigeants d’une formation pour la promotion de l’égalité et la lutte contre les violences faites aux femmes ;
Partager la charge des enfants et éduquer à la parentalité ;
Augmenter le nombre de places en crèche ;
Sécuriser les transports et l’espace public notamment de nuit.

Elles pourraient être reprises dans nos programmes pour les élections régionales et départementales, sans oublier l’immense combat pour l’égalité salariale.

Dominique RAIMBOURG, Premier secrétaire fédéral
Olivia AGASSE, Secrétaire fédérale à l’égalité