Culture #01 | Les territoires mobilisés pour un service public culturel minimum

  DOSSIER CULTURE  #01 | Les territoires mobilisés pour un service public culturel minimum 

Les arts et la culture font partie de ces secteurs durement touchés par la crise sanitaire et ce 2e confinement ne fait qu’aggraver la fragilité de l’ensemble des filières de création, de diffusion et d’enseignement. Malgré le soutien massif de la puissance publique, l’arrêt de l’activité entraîne immanquablement ces professionnels, artistes ou techniciens, dans une grande précarité.

Mais la population, qui constitue la diversité des publics, n’est pas épargnée par ces conséquences… La privation que nous impose le confinement est comme une alimentation carencée en nutriments essentiels. Sur le moment, on ne ressent rien, et puis un jour, le corps se détraque laissant place parfois à des séquelles irréparables. Les activités artistiques et culturelles s’adressent à l’intime. Elles nous réinventent intérieurement pour permettre à chacun·e de trouver sa place dans le monde. Alors oui, nous avons un devoir collectif de prendre soin de toutes celles et ceux qui œuvrent pour rendre cela possible. La crise sanitaire rappelle que la culture est, à l’image de l’éducation, un droit pleinement intégré aux Droits Humains. Celui de façonner la sensibilité indispensable pour donner du sens aux savoirs fondamentaux. Pourtant, en l’absence d’une force juridique contraignante, les arts et la culture ne s’imposent pas comme des droits réels. On attendait le Gouvernement sur ce terrain lors de la préparation du 2e confinement. Il n’en a rien été.

À Saint-Nazaire comme dans de nombreuses municipalités de Loire-Atlantique, la priorité depuis le début de la crise sanitaire est de soutenir le secteur. Cela s’est traduit par des mesures fortes telles que le maintien des engagements auprès des compagnies et lieux culturels contraints d’annuler les programmations de spectacles. Ainsi, salaires et prestations commandées ont été honorés et les subventions versées. Ce fut également la création d’un fonds d’urgence pour compenser en partie la perte d’activité directement liée à l’épidémie de la COVID-19 dans le cadre d’un partenariat inédit avec le Département et la ville de Nantes.

Pour prévenir les ravages prévisibles de la disette, un service public culturel minimum prend place progressivement. Tout en limitant drastiquement le brassage social, les territoires adaptent leur offre grâce à l’outil numérique : « Prêt à emporter » de la médiathèque nazairienne, multiplication de visites virtuelles des collections et consultations de documents en ligne. Les compagnies ont retravaillé les spectacles en « petites formes » et les jouent hors les murs, comme cet été, dans les quartiers. Enfin, les programmes d’éducation artistiques et culturelles à l’école sont maintenus dans des formes adaptées.

Et puis, le manque généré par la fermeture des lieux de diffusion révèle avec intensité l’effritement du lien social. Comme le masque sur le visage empêche la plénitude du rapport à l’autre, l’option du tout virtuel ne remplacera jamais la nécessaire présence artistique dans la cité. La culture innove pour que le confinement ne nous impose pas un régime de « mal bouffe » dominé les plateformes de vidéo en ligne. Mais elle ouvre aussi aujourd’hui de nouvelles voies pour bâtir non pas « un nouveau monde, mais un nouveau temps » *.

Michel RAY
Adjoint à la Culture de Saint-Nazaire.

* Emmanuel Demarcy-Mota – directeur du Festival d’automne et du Théâtre de la Ville

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