Aéroport de Nantes Atlantique : Priorité à la protection des populations

Voila six mois, depuis le 17 janvier dernier, que le Président de la République et son Premier Ministre ont décidé de ne pas transférer l’aéroport de Nantes-Atlantique sur le site de Notre-Dame-des-landes.

Nantes-Atlantique : Évolution du trafic passager de 2007 à 2017

Cette décision marque à la fois une forme de désintérêt de l’État pour l’aménagement et le développement de notre territoire mais également une forme de mépris pour les milliers de personnes qui subissent l’intensification du trafic aérien. Alors que l’on comptait moins de 2 millions de passagers en 2000, ce sont aujourd’hui près de 5,5 millions de passagers qui transitent chaque année par Nantes-Atlantique.

Avec le maintien de l’aéroport, la question qui se pose aujourd’hui est de savoir ce que l’État va proposer pour, à la fois protéger l’environnement et les populations impactées par les nuisances et permettre l’optimisation de l’aéroport ainsi que le développement du Grand Ouest et de l’agglomération nantaise en particulier.

Non pas vu de Paris mais vu de la Loire-Atlantique, il y a pour nous trois enjeux :

  • Comment l’État entend-t-il protéger l’environnement et les citoyen·ne·s impacté·e·s par les nuisances ?
  • Quels aménagements l’État propose t-il pour permettre à l’aéroport Nantes-Atlantique de faire face au développement du trafic ?
  • Quelle stratégie pour permettre de relier le Grand Ouest au reste de l’Europe et du Monde ?

Protéger le lac de Grand-Lieu et son environnement, notamment des eaux de ruissellement de l’aéroport, est pour nous un impératif, tout autant que la protection des riverain·ne·s. Celle-ci passe notamment par la limitation des vols de nuit avec une interdiction entre 22h et 6h. Sur ce point, nous attendons de l’État qu’il fasse appliquer l’arrêté du 24 avril 2006 qui limite les vols de nuit.

Nous appelons à une solidarité totale avec les riverain·ne·s qui, dans le cadre réglementaire actuel pour l’aménagement d’un aéroport ancien, ne peuvent bénéficier d’un droit de délaissement et risquent de perdre le seul patrimoine qu’ils/elles ont : leur maison. Nous exigeons qu’une attention particulière soit également portée aux 8 800 élèves qui subissent actuellement les nuisances.

Nous demandons à l’État d’actualiser au plus vite le Plan d’Exposition au Bruit et le Plan de Gêne Sonore afin de mieux prendre en compte la réalité de chaque situation. Il serait inacceptable de les maintenir aux niveaux définis en 2003 et 2004. Avec le maintien de l’aéroport, les habitant·e·s de Saint-Aignan-de-GrandLieu, de Rezé, de Nantes, de Bouguenais, de Bouaye ont besoin de pouvoir isoler leur logement contre le bruit. Il nous semble primordial que l’État prenne en charge les travaux d’isolation pour les logements qui se trouvent dans le périmètre du plan de gêne sonore. La révision de ce Plan, menée actuellement par l’État, doit permettre de soutenir financièrement le maximum de riverain·ne·s à l’intérieur de la zone exposée au bruit.

En ce qui concerne les infrastructures aéroportuaires, leur aménagement est devenu plus que nécessaire afin de répondre à la forte progression du trafic. La question de l’accès à l’aéroport en transport en commun est également un sujet majeur. L’État doit là aussi s’engager et financer le développement de la desserte de l’aéroport.
Pour ce qui est du projet de piste transversale, une nouvelle orientation ne ferait que transférer les nuisances sur d’autres habitant·e·s et serait totalement inacceptable. De la même façon, l’allongement de la piste vers le bourg de Saint-Aignan viendrait condamner cette commune de 4000 habitant·e·s.

Enfin, le développement du Grand Ouest passe inévitablement par de bonnes connexions au reste de l’Europe et à l’international. L’aérien est une solution, le ferroviaire en est une autre. Sur ce point, nous attendons des propositions ambitieuses de l’État.

L’État a indiqué plusieurs fois ces derniers mois qu’il fallait étudier une solution d’amélioration de l’aéroport Nantes-Atlantique mais n’a toujours rien proposé de concret. Les premières pistes évoquées ne permettent pas de concilier l’aménagement de l’aéroport et de ses infrastructures avec la protection de l’environnement et des habitant·e·s qui chaque jour continuent de subir les nuisances.

L’État doit désormais assumer sa décision, dont nous ne validons pas la pertinence, de ne pas transférer l’aéroport et proposer des mesures à la hauteur des enjeux. Nous demandons que ces mesures permettent réellement d’améliorer la qualité de vie des habitant·e·s tout en accompagnant le développement de notre territoire. Dans ce contexte, la solidarité entre les communes concernées, telle que la construit Nantes Métropole, est primordiale.

En demandant à l’État de prendre ses responsabilités, nous n’avons pas l’impression d’être complètement à l’ouest… si ce n’est de l’Europe.

La section PS d’Herbauges (Bouaye, Brains, Saint-Aignan de Grand-Lieu, Saint-Léger-les-vignes)