« Le terrorisme ne détruira pas la République française, car c’est la République qui le détruira »

francoishollandecongresversailles16novembrearticleDès samedi 14 novembre, François Hollande avait annoncé qu’il s’exprimerait devant le Congrès, une initiative indispensable alors que la France est endeuillée par l’attaque terroriste la plus importante de la Vème République.

« Ce que les terroristes ont voulu tuer, c’est notre art de vivre ». Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, est revenu sur « les images de cette nuit sanglante », qui « resteront à jamais gravées dans notre mémoire collective ». Mais ce qu’ont récolté les terroristes, c’est « une République forte et une France unie », a souligné Claude Bartolone.

L’ensemble des membres du Parlement et du Gouvernement ont ensuite observé une minute de silence en hommage aux 132 victimes, assassinées dans la nuit du 13 novembre.

« Jamais ils ne nous empêcheront de continuer de vivre. Pleinement. Librement. » François Hollande a une nouvelle fois dénoncé des « actes de guerre », visant « la jeunesse dans toute sa diversité », et rendu hommage aux trop nombreuses victimes, ainsi qu’aux forces de l’ordre et aux secours. Il a également félicité les militaires ayant conduit les opérations aériennes qui se sont déroulées dans la nuit du 15 au 16 novembre, et qui visaient des positions de Daesh à Raqqa (Syrie). Le porte-avions Charles de Gaulle sera également mobilisé très prochainement dans la Méditerranée orientale.

Le président de la République a réitéré sa détermination à détruire Daesh, et a donc annoncé une série d’initiatives, tant sur le plan national, qu’européen et international. « Ma volonté, c’est de mettre toute la puissance de l’État au service de la protection de nos concitoyens » a-t-il abondé.

Ainsi, François Hollande a annoncé que le Conseil de Sécurité de l’ONU se tiendrait dans les meilleurs délais, afin de prendre une résolution sur la volonté commune de lutter contre le terrorisme de Daesh.

Au niveau européen, il a rappelé la nécessité que l’Europe sache accueillir les populations relevant du droit d’asile, et « renvoie ceux qui n’en relèvent pas ».

C’est sur le plan national que le président de la République a annoncé les mesures les plus fortes.

L’état d’urgence prolongé. Tout d’abord, le Gouvernement proposera la prolongation de l’état d’urgence pour trois mois, ainsi qu’une adaptation de son contenu « à l’évolution des technologies et des menaces que nous rencontrons aujourd’hui ». Il sera notamment proposé aux parlementaires un régime juridique complet pour les perquisitions administratives et les assignations à résidence, prévues dans le cadre de l’état d’urgence.

La Constitution modifiée. En lieu et place des articles 16 – relatif à l’état d’urgence – et 36 – relatif à l’état de siège – de la Constitution, le président de la République a appelé de ses voeux une modification de la Constitution afin de « pouvoir disposer d’un outil approprié pour la prise de mesures exceptionnelles, sans recourir à l’état d’urgence, et sans compromettre l’exercice des libertés publiques ». En effet, les régimes prévus dans les articles 16 et 36 n’étant pas adaptés à la situation rencontrée aujourd’hui, il s’agit donc de « faire évoluer notre Constitution pour agir, conformément à l’état de droit, contre le terrorisme de guerre ».

La possibilité de déchoir de la nationalité française une personne condamnée pour acte terroriste, « même s’il est né Français, dès lors qu’il bénéficie d’une autre nationalité », et d’ « expulser plus rapidement les étrangers qui représentent une menace particulière » sera également soumise au Parlement.

C’est le Premier ministre Manuel Valls qui devra préparer cette modification de la Constitution.

Renforcement des moyens de la police, de la gendarmerie, et de la justice. 5000 nouveaux postes de policiers et de gendarmes seront créés dans les deux années à venir, postes qui « bénéficieront aux services de lutte contre le terrorisme, à la police aux frontières ». L’administration pénitentiaire et l’administration judiciaire verront leurs effectifs renforcés de 2500 postes; les douanes, quant à elles, bénéficieront de 1000 postes supplémentaires. Enfin, François Hollande s’est engagé à ce qu’il n’y ait aucune diminution d’effectif dans la Défense d’ici 2019.

« Nous devons continuer à travailler, sortir, vivre, influencer le monde ». François Hollande a conclu son discours en martelant non seulement sa détermination à éradiquer le terrorisme, mais aussi la nécessité de continuer. « Continuer à travailler, sortir, vivre, influencer le monde ».

« Le terrorisme ne détruira pas la République française, car c’est la République qui le détruira », a fini François Hollande, avant que l’ensemble des parlementaires ne se lèvent pour l’applaudir, et entonner ensemble, La Marseillaise.